Author: La Rédaction
Last updated: Wednesday 3rd of February 2010

Une hôtesse de l’air d’une compagnie indienne qui perd les pédales après avoir bu quelques verres de trop et fracasse sa voiture contre un arbre, cela s’est passé cette semaine à New Delhi. Mais, cet incident aurait pu se passer à Maurice qu’il n’aurait surpris personne, tant les Mauriciens sont habitués.
Loin de nous l’envie de faire revivre les douloureux accidents qui, dans le passé, ont impliqué des hommes et des femmes qui conduisaient ivres. Mais, il est un fait que de plus en plus de femmes à Maurice consomment de l’alcool. Si leur nombre est trois ou quatre fois inférieur à celui des hommes, les effets d’une consommation excessive de boissons alcoolisées chez la femme sont beaucoup plus néfastes et ce à cause d’une raison physiologique.
L’alcool et la grossesse
L’alcool peut être à l’origine de dysménorrhée, c’est à dire de fortes douleurs au moment des règles. Et en cas de grossesse, c’est le foetus qui souffre. Phénomène que les médecins appellent le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), et auquel une femme sur 100 qui boit de l’alcool pendant sa grossesse peut être confrontée. Cela rovoque souvent un avortement spontané, un accouchement prématuré voire la malformation ou un retard mental du fœtus. Quel que soit le moment de la grossesse, boire de l’alcool nuit à la santé de l’enfant et sa mère. Qu’une femme “supporte’’ bien l’alcool ou non, le bébé, lui, ne le tolère pas! Même avec une consommation faible ’alcool la femme devient plus fragile, tout comme son bébé. Et contrairement aux idées reçues, le placenta ne protège pas le foetus contre l’alcool et autres substances toxiques. L’alcool traverse aisément la barrière placentaire. Les concentrations d’éthanol dans le liquide amniotique atteignent alors des valeurs comparables à celles mesurées dans le sang maternel, voire davantage car le foie du bébé est immature, et ne l’élimine pas correctement.
Risque plus sérieux
A âge et poids égal, et pour une même quantité d’alcool absorbée, l’alcoolémie de la femme est supérieure à celle de l’homme. Les chercheurs sont d’avis que l’enzyme impliquée dans l’alcool est moins active chez la femme que chez l’homme, ce qui signfie que l’alcool est éliminé moins rapidement. De plus, la quantité d’eau dans le corps de la femme étant plus faible, la concentration d’alcool dans les tissus et dans le sang s’effectue plus rapidement que chez l’homme. Enfin, la prise de contraceptifs oraux et la ménopause augmentent la vulnérabilité de la femme face à l’alcool.
Cycle infernal
Si les femmes boivent, c’est souvent pour combler un manque, par anxiété ou lors d’un épisode dépressif. La plupart des femmes justifient leur alcoolisme à cause des problèmes d’ordre psychologique ou affectif. Des enquêtes ont révélé que la moitié des femmes alcooliques ont déjà fait au moins une tentative de suicide. Les femmes les plus vulnérables sont celles qui sont âgées entre 35 et 49 ans, les célibataires et les divorcées.
Solitude, sentiment d’isolement et d’incompréhension, tout tourne autour du désir d’être aimée. C’est cette soif d’amour, des proches, du conjoint, des amis, qui pousse la femme vers l’alcool. Cela lui apporte un peu de chaleur, l’aide à oublier son sentiment d’être perpétuellement seule. Mais alors qu’il donne à la femme l’illusion du bonheur, l’alcool provoque chez son entourage de la répulsion. L’alcoolisme devient alors un cercle infernal.
Social drinking
De nouvelles pratiques de consommation sont apparues chez les femmes. On parle de plus en plus de “social drinking” ou d’alcoolisme mondain, c’est-à-dire boire entre amies ou dans des rencontres et des soirées. Souvent cela devient une habitude dont il est difficile de se défaire, et sans le savoir, la femme devient dépendante de l’alcool. Les cas d’hospitalisation liés à l’alcool ont malheureusement connu une augmentation dramatique chez les femmes. Bien sûr, l’alcool n’est pas intimement lié à la vie quotidienne de la femme comme il peut l’être pour les hommes. “Anou alle boire enne verre”, est devenu un signe de virilité chez l’homme. Les amis se rencontrent dans des bars pour parler de tout et de rien. La femme, elle, boit souvent en cachette si elle est alcoolique. Elle doit, en plus affronter les problèmes de culpabilité et de honte que notre société lui impose.
Influence sur les jeunes
A Maurice, beaucoup de mesures ont été prises pour alerter la population, surtout la jeunesse, sur les dangers de l’alcoolisme. Les panneaux publicitaires sur l’alcool sont interdits, comme le sont les publicités sur l’alcool avant 21 heures sur le petit écran, mais quand le papa est alcoolique, les jeunes sont exposés à l’alcool et ce dès leur tendre âge. Et doublement exposés si malheureusement la maman est, elle aussi, alcoolique. Il faut savoir que conduire sous l’influence de l’alcool est parmi les principales causes de décès chez les jeunes dans le monde.
Quand on parle de femmes, il ne faut certes pas oublier les filles, surtout les élèves qui sont aussi des groupes à risque. Dans les discothèques, elles sont de plus en plus nombreuses à consommer de l’alcool. Beaucoup ne se limitent pas à un ou deux verres. Quand les soirées dans les discothèques deviennent une habitude, l’alcool le devient aussi, ce qui entraîne une certaine dépendance. Même les élèves ne s’en privent pas lors des sorties entre amis ou amies. C’est devenu une mode, une manière d’imiter les étudiants des grands pays européens. Mais, les films et les séries télévisées venant des Etats-Unis, d’Europe ou même de l’Inde ne sont pas étrangers à ce hénomène. Pour certaines élèves c’est la preuve qu’on est “in”.
Une maladie
L’alcoolisme est une maladie, chez l’homme comme chez la femme, et comme tel, il doit être traité. La dépendance de l’alcool peut durer toute une vie et peut provoquer une mort prématurée. La boisson donne un sentiment d’exaltation, de relaxation et de somnolence, pour quelques instants seulement. Le réveil s’avère très brutal.