Clicanoo.com / publié le 21 janvier 2011
Lundi, Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’Outre-mer, recevra Navinchandra Ramgoolam, Premier ministre de la République de Maurice, en visite à la Réunion.

La délégation mauricienne sera composée d’environ soixante personnes dont trente chefs d’entreprises. Le Premier ministre de la République de Maurice sera notamment accompagné du ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international, Monsieur Arvin BOOLELL, du ministre du tourisme et des loisirs, Monsieur Nandcoomar BODHA, et du ministre des PME, des coopératives et de la protection des consommateurs, Monsieur John Michael Tzoun Sao YEUNG SIK YUEN.
Appelée de ses vœux par le Président de la République lors de son entretien avec le Premier ministre de la République de Maurice le 31 août 2010, cette visite constitue un événement important dans l’histoire des deux îles. Principalement consacrée à l’économie, au développement durable et à la dynamisation des échanges bilatéraux, notamment dans le domaine de la sécurité, elle répond pleinement à la volonté du Gouvernement d’ouvrir davantage La Réunion sur son environnement régional.
Etablir un partenariat « gagnant/gagnant »
Clicanoo.com / publié le 24 janvier 2011
Cela faisait vingt ans que Navinchandra Ramgoolam n’avait pas foulé le sol réunionnais en tant que premier ministre mauricien. C’est avec une délégation de soixante personnes qu’il est arrivé ce matin, accueilli par Marie-Luce Penchard. But de cette visite : établir un partenariat stratégique avec l’île soeur.
Navinchandra Ramgoolam a été accueilli par la ministre chargée de l’outre-mer, Marie-Luce Penchard, à 10h10 ce matin à l’aéroport de Roland Garros. Après un bref détour par la Préfecture, direction la pyramide inversée, où Didier Robert les attendait pour débuter trois ateliers économiques dédiés au tourisme, à la sécurité alimentaire et au développement durable.
A l’issue de ceux-ci, cinq accords de coopération doivent être signés en fin d’après-midi. « C’est une indication claire et nette de notre détermination mutuelle à établir les fondements de relations plus fortes encore » déclare le premier ministre mauricien.
Pour Didier Robert il s’agit d’établir un partenariat « gagnant-gagnant » entre les deux îles, une plateforme « publique-privée » qui permettra de faire face à la concurrence venue de Chine, d’Inde ou d’Afrique et de bâtir une vraie destination de l’Océan Indien. Le fameux concept des « îles Vanille ». Dans le cadre de partenariat deux décisions « diplomatiques » préliminaires ont été prises : prochainement la Réunion ouvrira un bureau sur l’île sœur et Maurice nommera un consul général ici.
D’autres agendas
Didier Robert comme Marie-Luce Penchard ont profité de la présence des médias pour passer plusieurs messages. Pour le président de la Région cela a été l’occasion de rappeler publiquement la sècheresse qui sévit actuellement à la Réunion, sollicitant l’aide directe de la ministre chargée de l’outre-mer. Cette dernière confirme l’envoi d’une mission d’enquête pour effectuer une expertise sur les conséquences de la sécheresse, « pour avoir en ma possession l’ensemble des éléments d’évaluation« , indique la ministre.
Avant de s’envoler pour Paris, la ministre chargée de l’outre mer a elle aussi tenu à faire passer un autre message aux Réunionnais : »On dit beaucoup que je ne préoccupais pas savoir si les réunionnais occupaient des postes à responsabilité. Je tiens à annoncer une bonne nouvelle aux Réunionnais : dans le cadre de la réorganisation des services de l’Etat, sur 12 nominations, 4 personnes sont des ultras-marins dont une réunionnaise. » Et d’annoncer que Roselyne Bachelot viendra installer d’ici peu cette nouvelle personne aux fonctions de directeur de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale.
Anne Mariotti
Maurice s’apprête à ouvrir un consulat à la Réunion
C’est la principale annonce concrète issue d’une journée consacrée à la signature de différents accords visant à faciliter les échanges et renforcer la complémentarité diplomatique et économique entre les îles sœurs.
Clicanoo.com / publié le 25 janvier 2011
Un consulat mauricien à la Réunion. C’est la seule annonce véritablement concrète issue de cette première journée de visite du Premier ministre mauricien dans notre île, accompagné d’une délégation composée de ministres, de quelques officiels, et d’une trentaine de chefs d’entreprise. Cette idée aurait été suggérée au Premier ministre mauricien par Nicolas Sarkozy, lors d’une rencontre entre les deux hommes à Paris, mi-2010. Concrétisée par un accord-cadre “bilatéral”, l’un des 5 signés hier en fin d’après-midi à la préfecture, l’ouverture prochaine de cette instance constitue en tout cas une bonne nouvelle pour les 8 000 à 12 000 Mauriciens vivant à la Réunion. De son côté la France, par l’entremise du conseil régional de la Réunion, s’engage à ouvrir à terme une représentation non diplomatique à Maurice.
Renforcer les échanges économiques
Pas de date pour le moment, si ce n’est que l’accord-cadre est conclu pour une période de 5 ans. Mais nul doute qu’il devrait pouvoir être renouvelé. Autre sujet plus largement évoqué, pas forcément très éloigné, le rapprochement économique et la complémentarité des deux îles. L’essentiel de l’après-midi a été consacré à ces questions, à l’occasion de divers ateliers organisés à la Région. Depuis l’Europe, la coopération économique entre la Réunion et Maurice, séparées seulement de 200 km, peut sembler tomber sous le sens. La réalité est pourtant différente. Pour preuve. Cette visite officielle du Premier ministre mauricien est la première depuis 20 ans, si l’on excepte sa présence dans le cadre de la COI, en 1999. Les relations économiques ont toujours existé entre les deux îles. En 2008, une plateforme de coopération était signée, entre la Réunion économique et son homologue mauricien, la JEC. L’Adir, a aussi contribué à multiplier les échanges. Une trentaine de sociétés réunionnaises, ou à capitaux réunionnais, sont aujourd’hui installées dans l’île sœur. Cela fait peu. L’inverse doit être encore plus flagrant. “Le cadre des institutions est très différent, ce qui rend les relations stratégiques et économiques complexes”, a rappelé hier Didier Robert. D’où l’idée de pouvoir passer au niveau supérieur. Cette impulsion est aujourd’hui donnée par la sphère publique. C’est tout le sens des accords-cadre passés entre les deux gouvernements pour rendre les échanges plus faciles. “La relation entre Maurice et la Réunion se conjugue au futur”, a déclaré le Premier ministre mauricien dans son intervention. Mais celui-ci voit déjà plus loin : faire de la plateforme Maurice-Réunion (ou Réunion-Maurice, cela dépend de quel côté on se place) un véritable pôle de compétence à l’echelle régionale pour aller à la conquête de nouveaux marchés, du côté de l’Afrique notamment. Une conception chère à Didier Robert, qui porte le vœu d’une “grande région française de l’Outre-mer”, à laquelle Marie-Luce Penchard semble également tout à fait adhérer. “Il y a un couple franco-allemand, il doit y avoir ici un couple Maurice-Réunion”, a dit la ministre. Rien que çà !
Thomas Lauret
Paul Vergès rencontré en misouk Paul Vergès aurait certainement qualifié l’événement d’”historique”, s’il avait encore été à la tête de la Région. Ce dernier n’a pas pour autant complètement boycotté la visite du Premier ministre mauricien, hier. De passage à son hôtel à Bellepierre, entre deux visites, vers 17 heures, Monsieur Ramgoolam a pris quelques minutes pour échanger avec l’ex-président de la pyramide inversée, venu à sa rencontre. Une entrevue discrète organisée par les autorités mauriciennes, semble-t-il. Au-delà de la poignée de main, l’histoire ne dit pas ce que les deux hommes se sont raconté, pendant ce cours instant.
Tourisme et développement durable, piliers des accords
Clicanoo.com / publié le 25 janvier 2011
Au-delà de la visite officielle et son cortège d’arrêts en tous genres (préfecture, Région, Technopole…), la venue du Premier ministre mauricien, Navinchandra Ramgoolam, a surtout permis aux acteurs économiques réunionnais et mauriciens d’échanger, hier, autour de trois thèmes spécifiques : la sécurité alimentaire, le développement durable et le tourisme. Pendant que Didier Robert et Marie-Luce Penchard accompagnaient leur hôte à la Technopole de Saint-Denis visiter l’entreprise Bioalgostral, chefs d’entreprise locaux et mauriciens se sont réunis en ateliers de travail, à l’hôtel de Région. La synthèse de ces travaux sera d’ailleurs annoncée aujourd’hui.
Tourisme. Fer de lance de la politique du président de Région avec 600 000 touristes annoncés pour 2015, le tourisme a été érigé “priorité régionale” jusqu’en 2014. Il a été clairement défini comme un axe de coopération indispensable entre la Réunion et Maurice. Désormais, les deux îles vont promouvoir leur image sur la scène internationale sous la bannière “Iles Vanille” mise en place l’an dernier. Un partenariat qui se veut “gagnant-gagnant” selon les mots de Didier Robert. “Nous allons travailler ensemble sur un combiné Réunion-Maurice. Cet atelier va nous permettre de mettre en place un mix marketing autour de différents produits qui vont lier nos deux îles”, explique Pascal Viroleau, directeur de l’IRT (Ile de la Réunion tourisme).
Développement durable. Le développement durable est l’un des axes majeurs de la visite du premier ministre mauricien : en 2 jours, pas moins de 3 sites développant des énergies renouvelables étaient au programme (Cyclotron, ferme agri-solaire, IUT de Saint-Pierre). À l’image de la Réunion qui s’est lancée dans le projet Gerri, Maurice a mis en place “Maurice île durable” (MID) en 2008. Le but : viser l’autonomie énergétique et réduire la note pétrolière de 35% en 20 ans, grâce à un mix énergétique incluant une bonne partie d’énergies renouvelables.
Sécurité alimentaire. Un thème cher au Premier ministre mauricien. Plusieurs sujets ont été abordés : la préservation des ressources halieutiques, les questions de santé publique, l’amélioration des productions locales… “Nous devons travailler ensemble en ce qui concerne les perspectives liées à la recherche agronomique, trouver de nouvelles synergies, perfectionner les modes de culture”, a déclaré Didier Robert dans son discours officiel. “Si la mise en commun de nos moyens et la mutualisation de nos importations constituent sans doute une réponse à court terme, l’objectif reste l’amélioration des productions destinées aux marchés de la zone, dans une optique générale de maîtrise de la sécurité alimentaire.”
E.M